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Sunday, September 23, 2012

Now reading #1

On va re-catégorifier ce blog dans la "culture", parce que le cinéma y prend une place de moins en moins importante, quelle tristesse. J'y ajoute de plus en plus de photos, et voici une nouvelle catégorie littérature, créée à la suite d'une collaboration avec StoryLab, un éditeur numérique qui m'a proposé de m'envoyer par mail leurs nouveautés, à lire sur smartphone ou tablette. On ne me demande pas grand chose en retour, mais comme le format m'intéresse, et qu'en plus, StoryLab offre des "romans courts", qui correspondent pas mal à l'utilisation de lecture que je fais de mon téléphone - jamais plus de dix minutes à la suite, en attendant quelqu'un par exemple -, je me suis dit que, tant qu'à faire, je pouvais coupler une brève review de leur bouquin avec d'autres. 


Je suis une grosse consommatrice de livres, j'en ai toujours 4 ou 5 en cours de lecture, et j'y pioche selon l'envie, dans l'instant. Il y a ceux, format léger, ou numérique, que je garde dans mon sac, ceux qui demandent des heures de lecture, en plusieurs volumes, que je ne lis pas d'une traite, les romans, les bouquins en forme de traité, ceux qui n'entrent dans aucune case. 

Les bouts de ficelle, de Grégoire Polet
éd. StoryLab
Un ebook court, mais pas si simple d'accès. L'auteur suit des vies, semble-t-il au hasard des rues de Paris, des voisins en fait, qui se guettent, se croisent, boivent au même comptoir. D'abord dépareillées, ces vies font de plus en plus de route commune. D'abord, de grands regroupements de paragraphes ne suivent qu'un seul; et puis on file plus dru, vers une écriture nerveuse, et de phrase en phrase soudain tous s'entremêlent. Le fil de l'histoire ne semble qu'anodin, à côté de ce lac qui se change en torrent, cette déferlante de mots comme une poésie.


Dans ma bouche, de François Simon
éd. Flammarion 
Quel bonheur, de suivre les chroniques de François Simon sur son blog! Son livre se découpe en courts chapitres, facile à englober d'un coup d’œil, un peu à la manière dont il distille ses billets sur le net.On a ces temps-ci l'habitude de ces blocs qui ne prennent pas trop de temps à lire, qu'on voit d'ailleurs entre deux poses clope, ou pour se distraire au bureau. D'ailleurs, je crois qu'après avoir fini son livre, je m'y replongerai pour juste un bout, au hasard, au plaisir. L'ensemble du livre possède cependant une cohérence et chaque texte est relié au précédent. On plonge dans l'univers gourmet de cet esthète des belles choses, qui savoure son assiette et déguste aussi bien de jolis prénoms féminins dans ce qu'ils ont de plus charnel. Ce livre est une jouissance de la vie, de l'amour et de la gastronomie, et aussi et surtout des mots. La langue de François Simon est celle d'un homme qui n'a pas peur d'utiliser les grands mots, tout comme on emmène une fille dans un restaurant huppé, pour l'impressionner et aussi parce qu'on s'y sent à son aise, en toute élégance. La lecture est facile, je m'en délecte et fais durer le plaisir.


Au Japon ceux qui s'aiment ne disent pas je t'aime, d'Elena Janvier
éd. Arléa 
A la manière de Paris vs New York, ce petit ouvrage pointe par le verbe les différences notoires entre Orient et Occident. Dans l'ordre d'un abécédaire, en commençant par l'amour, qui ne s'avoue qu'indirectement au Japon, en passant par la manière de dévoiler son décolleté (la nuque, au Japon), on trouve tout un tas de différences culturelles poétiques. L'auteur ne se contente pas bêtement de les mettre côte à côte, mais relève joliment ce qui la surprend, et on en déduit de soi-même l'écart entre deux mondes.


Vins: leçons de dégustation, d'Emmanuel Delmas
éd. de la Martinière 
Enfin un ouvrage rose même pas bonbon, plutôt clinquant, qui fait mal aux yeux. J'ai du mal à comprendre ce choix éditorial, mais le contenu vaut le coup qu'on dépasse la couverture. Emmanuel Delmas est consultant en vins. Il travaille pas mal, semble-t-il, dans le secteur de la grande distribution, que j'ai en horreur. Il prône cependant d'aller chez le caviste... Contradictoire? Il faut bien gagner son pain, probablement... Dans cet ouvrage, il décrit le vin, comment le découvrir... On s'attend à une méthode, mécanique et débile (voir, sentir, la liste des effluves, etc etc...). Et on trouve du sentiment. L'auteur, pour les néophytes, détaille effectivement le processus de dégustation, mais met surtout l'accent sur les émotions ressenties, et demande qu'on se fasse confiance. J'aime y apprendre quelques trucs, qui me permettent de mieux discuter avec de plus grands professionnels, et mettre des mots sur mes sensations, mais j'aime encore plus qu'on me dise que, pour connaître et apprécier le vin, il faut continuer, sans cesse, à le savourer, être curieux, à l'affût... et éviter de mettre les pieds dans un supermarché.

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